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Réflexions sur le destin du monde

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Le Onze septembre V :


Géostratégie et géopolitique américaine


L’Asie centrale

L’Asie centrale, avec ses vastes réserves en pétrole, est une clé de la domination de l’or noir et de la domination planétaire. Les Etats-Unis se devaient de prendre cette région sous son contrôle, initiative prescrite dans l’ouvrage du conseiller à la sécurité nationale de l’administration Carter, Zbigniew Brzezinski, intitulé Le Grand échiquier : la primauté américaine et ses impératifs géostratégiques. Brzezinski y analyse que la démocratie n’étant pas l’amie de la mobilisation impériale, cette faiblesse est palliée lorsque les conditions d’une menace soudaine, ou d’un défi, au sens qu’a le public du « bien être intérieur », sont réalisées. Mais pour arriver à proclamer qu’une région d’Asie centrale menace directement le « bien être intérieur » du peuple américain, encore fallait-il quelques années à l’administration pour réunir les conditions nécessaires.

Opportunités

Donald Rumsfeld n’est pas le seul homme de l’administration à avoir souligné l’opportunité que présentait l’attentat du 11 pour la politique américaine, celle de refaçonner le monde, le président Bush, Condoleezza Rice, ancienne dirigeante de la compagnie pétrolière Chevron-Texaco, et d’autres faucons ont annoncé qu’il y avait là l’occasion de changer fondamentalement la face du monde. Plus inquiétant, cette opportunité était déjà maintes fois décrite avant les attentats. En 2000, le document intitulé « Reconstruire les défenses de l’Amérique » publié par l’organisation du « Projet pour le nouveau siècle américain » fondée par, entre autres éminentes personnalités, Dick Cheyney, Donald Rumsfeld, Paul Wolfowitz, recommande d’augmenter le budget de la défense afin de pouvoir « maintenir et étendre la pax americana », car celle-ci « doit se fonder sur une présence militaire prééminente qui ne soit pas remise en question ». Le rapport indique que le processus pourrait s’engager si les Etats-Unis « subissaient un évènement catalyseur catastrophique, comme un nouveau Pearl Harbor ». On ne peut être plus explicite.
Le soir du 11 septembre, Donald Rumsfeld déclare au président du comité des services armés du Sénat, le sénateur Carl Levin, « vous avez exprimé la crainte que nous n’ayons pas assez d’argent pour la forte augmentation de la défense que demande le Pentagone, en particulier pour un programme anti-missile(…). Cette sorte de chose vous convainc-t-elle qu’il y a urgence dans ce pays à augmenter le budget de la défense, en puisant dans la Sécurité sociale si nécessaire pour payer ? ». Dès lors, les conditions nécessaires sont réunies, la mobilisation impériale peut embrasser (embraser ? embarrasser ?) la démocratie.

La CIA a créé le terrorisme islamiste

Pendant 20 ans des flots d’argents ont abreuvé les 35 000 combattants intégristes qui affluaient en Afghanistan en provenance de 40 pays. William Casey, directeur de la CIA, avait mandaté son agence pour initialiser et amplifier ce mouvement, elle fut par conséquent au cœur du dispositif de recrutement, de financement, d’armement, d’encadrement et d’entraînement des rebelles. La CIA a créé de toutes pièces l’islamisme terroriste pour combattre les soviétiques. Dès la fin des années 1990, les Talibans reçurent le soutien marqué des Etats-Unis et de la CIA, oeuvrant avec les services secrets pakistanais, tandis que la compagnie pétrolière Unocal s’était engagé à fond dans la négociation avec les Talibans autour d’un projet de pipeline, en collaboration avec une entreprise saoudienne, Delta Oil. (Saudi Clans Working with US Oil Firms May be Tied to Bin Laden, Boston Herald, 10 décembre 2001).

Le Lobby pétrolier au cœur de l’administration Bush

Bush a composé son gouvernement avec les grands commis du lobby pétrolier : Condoleezza Rice, ancienne dirigeante du géant pétrolier Chevron-Texaco, Gale Norton représentant les intérêts de BP-Amoco et ceux de la compagnie saoudienne Delta Oil, et Dick Cheney, ancien président d’Halliburton, (Halliburton est le premier équipementier pétrolier mondial qui construit des oléoducs et des gazoducs - selon les propres paroles de Cheyney : « 70 à 75% de notre activité sont liées au secteur de l’énergie et consiste à fournir des services à des clients comme Unocal ») – qui a institué un groupe de développement de la politique énergétique nationale (NEPD). Par ailleurs, cela n’aura échappé à personne que le futur premier ministre afghan, Hamid Karzai, était un employé du pétrolier Unocal avant de prendre son poste. Le public sait moins que Zalmay Khalilzad, l’envoyé spécial du président Bush en Afghanistan, était également salarié chez Unocal.

UNOCAL

Au centre des préoccupations américaines se trouve donc la construction d’un oléoduc de plusieurs milliards de dollars, chargé de convoyer le pétrole et le gaz des rivages de la mer Caspienne jusqu’à l’océan à travers l’Afghanistan et le Pakistan, seule façon d’éviter les territoires russes et iraniens. Le pipeline de 1271 kilomètres de long doit relier les champs de pétrole de Dauletabad au Turkmenistan et les entrepôts de Multan au Pakistan.
Pour les Américains, cette installation du pipeline doit passer par l’instauration d’un régime stable, tout acquis à leur cause économique et quelle que soit l’intégrisme des dirigeants. Dès que les Talibans instrumentalisés s’emparèrent de Kaboul en 1996, délogeant Massoud de la capitale, Unocal fit savoir autour de lui que les choses s’arrangeaient et, dès la reprise en main par les Talibans de l’ensemble du tracé de l’oléoduc, en 1998 avec la chute de Mazar-i-Charif, la compagnie annonça être prête à commencer les travaux. Mais l’objectif fut remis en question par tout un ensemble d’évènements : les attentats du Kenya et de Tanzanie contre les intérêts américains, le pilonnage des positions talibanes par Massoud, la réserve de l’administration Clinton. Ce qui s’est passé exactement reste obscur. Le journal italien Il Manifesto a avancé que les Talibans ont voulu mettre les Américains en concurrence. Pourtant les Américains leur faisaient les yeux doux. Les Talibans ont été invités au Texas lorsque Bush était gouverneur de l’Etat, pour des rendez-vous avec la compagnie Unocal en décembre 1997 rapporte le Daily Telegraph de Londres. Ils ont ensuite rencontré à Washington Karl Inderfurth, le vice secrétaire d’Etat chargé de l’Asie du sud. Les Talibans sont revenus en mai 1998, visite parrainée par le département d’Etat lui-même. Détail croustillant, Laili Helms, la nièce de Richard Helms, ancien ambassadeur des Etats-Unis en Iran et chef de la CIA, a été l’ambassadrice des Talibans aux Etats-Unis.
Puis l’arrivée de l’administration Bush orienta le destin autrement. Dans leur livre Ben Laden, la vérité cachée, Jean Brisard, l’ancien agent des services secrets français et le journaliste Guillaume écrivent « Les discussions entre les talibans et le gouvernement Bush ont commencé au mois de février 2001 (…). Au mois de mars, un émissaire des Talibans s’est rendu à Washington et a offert au nouveau président des cadeaux, entre autres un magnifique tapis afghan. Mais les entretiens étaient tendus. » Selon les auteurs, les négociateurs américains ont lancé un avertissement clair : le pétrole ou la guerre. Le 3 juillet 2001, à la conférence de Berlin, les américains montrèrent les dents et annoncèrent à la délégation talibane : « soit vous acceptez notre tapis en or, soit nous vous enterrons sous un tapis de bombes ». C’est le délégué pakistanais Niaz Naik qui rapporta cette citation dont il confirma l’exactitude. Pendant les suspensions de séances, les Américains précisaient : « ce sera une attaque aérienne, menée à partir de bases proches ». Les émissaires talibans refusèrent l’offre, leur sort en était jeté. Au milieu du mois de juillet, le plan d’attaque était prêt, l’opération planifiée pour la mi-octobre. Avant septembre, les troupes britanniques étaient déjà en position dans la région, les conseillers américains sur place. Les mouvements de troupes commencèrent, il leur fallait attaquer avant que la neige tombe, nous étions à un mois et demi du 11 septembre.

Massoud

Le chef de l’Alliance du nord en Afghanistan, Ahmad Shah Massoud, est assassiné deux jours avant le 11 septembre, une semaine après la rencontre des chefs de l’ISI pakistanais et de la CIA. Peut-on établir une relation entre ces évènements ? La presse s’est faite l’écho d’une opposition entre Massoud et les Talibans, et a mis l’assassinat de Massoud sur le compte d’Al Qaida. Il existe cependant une autre version plus subtile. Etant donné la position de force de Massoud en Afghanistan à ce moment de l’histoire, il est certain que celui qu’on surnommait le « Lion du Panschir » se serait taillé une part de « lion » dans l’après-guerre américano-afghane et que le paysage politique afghan n’aurait pu se constituer sans lui. Or Massoud s’opposait aux intérêts américains, il avait signé un accord avec une société argentine, Bridas Corporation, pour la construction d’un pipeline de pétrole et de gaz, en conflit direct avec la société américaine Unocal. Lorsque l’on sait l’importance du chapitre « Unocal » dans la stratégie américaine, la mort programmée de Massoud s’éclaire d’un jour nouveau. Après la tragédie qui emporta ce chef de guerre charismatique, l’Alliance du Nord dénonça immédiatement le coupable : la coalition ISI pakistanais-CIA-Talibans-Ben Laden.

UNOCAL détient son pipeline

Le 27 décembre 2001, le Turkménistan, l’Afghanistan et le Pakistan signaient un contrat de 5 milliards de dollars concernant la construction d’un gazoduc, annonçait Associated Press le 28 du même mois. Le 9 décembre 2002, Hamid Karzaï et le général Musharraf, président du Pakistan, concluaient un accord complémentaire pour la construction du pipe-line.
Aujourd’hui on ne peut être que frappé par l’identité parfaite entre la localisation des bases militaires américaines avec le parcours du pipeline d’Unocal vers l’océan indien, depuis le Kirghizstan, l’Ouzbékistan, l’Afghanistan et le Pakistan. Le « Pipestan » est sous la garde de l’oncle Sam.

La guerre contre l’Irak

Exactement de la même façon que le plan militaire pour s’emparer de l’Afghanistan fut décidé puis mis en œuvre bien avant le 11 septembre, l’attentat servant de prétexte, le plan d’attaque contre l’Irak fut décidé et préparé en amont des évènements terroristes de New York. En 1997, Zalmay Khalilzad et Paul Wolfowitz publient un article dans le Weekly Standard qui porte le nom évocateur de « Saddam doit partir ». Un mois plus tard, avec les membres de l’organisation PNAC, qui comprend Donald Rumsfeld, ils adressèrent une lettre au président Clinton pour le presser de renverser Saddam et son régime pour protéger les intérêts vitaux des Etats-Unis dans le Golfe. Lorsque Bush prend ses fonctions en septembre 2000, dix des dix huit signataires de la lettre sont entrés au Congrès. On connaît la suite, un « braquage de station-service ». Lorsqu’en pleine prise de possession de Bagdad, quelques temps plus tard, les ministères publics (Irrigation, Commerce, Education, Affaires étrangères, etc…) sont mis à sac par des bandes de pillards irakiens, le ministère du Pétrole est calme, choyé par l’armée américaine. La cible a été conquise.
L’administration Bush a voulu convaincre le monde que sa guerre était juste et qu’elle avait pour objectif le désarmement de l’Irak de Saddam. C’est avoir la mémoire courte et sélective, car l’administration américaine a été la première pourvoyeuse d’armement en Irak depuis la guerre Iran-Irak. Rappelons quelques faits. En 1986 le président Reagan envoya un message secret à Saddam Hussein pour lui conseiller d’intensifier la guerre aérienne et les bombardements contre l’Iran. Ce message fut délivré par l’intermédiaire du vice-président Bush. Avec quel moyens à l’appui ? De 1985 à 1990 le ministère du commerce américain a approuvé l’exportation de technologies – matériaux, éléments chimiques et biologiques, ordinateurs – susceptibles de contribuer à la mise en œuvre d’armes nucléaires et conventionnelles pour une valeur globale de 1,5 milliards de dollars, tandis que 308 millions de dollars de matériel aéronautique – avions, hélicoptères, pièces de rechange – étaient fournis à l’Irak. Howard Teicher, membre du National Security Concil déclara sous serment en 1995 : « le directeur de la CIA dirigeait personnellement les efforts visant à garantir la victoire de l’Irak à travers un approvisionnement suffisant en armes, munitions et véhicules. Conformément aux instructions préétablies – par la NSC – les Etats-Unis apportèrent un soutien actif à l’effort de guerre de Bagdad en fournissant aux Irakiens des milliards de dollars de crédits, en leur transmettant des renseignements recueillis par nos services, en leur donnant des conseils stratégiques et en supervisant étroitement les ventes d’armes à l’Irak par des pays tiers afin de s’assurer que Bagdad dispose de tout l’équipement requis ».

Un complot contre l’Arabie ?

Un complot est évoqué, celui de préparer l’opinion américaine à l’invasion de l’Arabie Saoudite dans un avenir non déterminé. L’objectif serait de prendre le contrôle des réserves de pétrole les plus riches du monde. En affirmant que quinze des pirates de l’air étaient Saoudiens, et en couvrant maladroitement l’Arabie Saoudite et ses familles dirigeantes, l’administration se donnerait ainsi la possibilité, le moment venu, de proclamer que les attentats étaient en réalité commandités par les Saoudiens. Cette idée ne semple pourtant pas très opératoire. D’une part les américains contrôlent déjà le pétrole Saoudien par l’intermédiaire de l’oligarchie au pouvoir, et d’autre part la violation du sol sacré de l’Islam provoquerait un tel embrasement parmi le monde musulman que cette option risquerait plutôt de mettre en faillite la domination américaine sur cette case de l’échiquier.

Le Patrioct Act

Dès le lendemain du 11 septembre, l’administration Busch a réussi à faire passer une législation liberticide baptisée « Uniting and Strengthening America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept and Obstruct Terrorism », soit unir et renforcer l’Amérique en fournissant les instruments nécessaires pour capturer les terroristes et leur faire obstacle : le USA Patriot Act. Cette loi permet au gouvernement américain de jouir d’une marge de manœuvre sans précédent pour recueillir des informations sur les citoyens sans être limité par les considérations de droits civiques ou de protection de la vie privée. Le Sénat a approuvé cette loi par 98 voix contre une, celle du démocrate Russ Feingold du Wisconsin.
D’après l’American Civil Liberties Union, la principale organisation de défense des droits de l’homme aux Etats-Unis, aucun membre du congrès n’a vraiment lu la version finale du Patriot Act, communiquée à 3heures 45 du matin et profondément remaniée depuis sa dernière version par les juristes de la Maison Blanche, ayant considérablement durci le texte législatif.
Cette loi d’exception atteint et réduit les libertés fondamentales, elle permet par exemple au FBI d’intercepter les communications hors du contrôle d’un magistrat, d’arrêter un suspect sans motif. Les Etats-Unis ne sont plus, au sens strict, une démocratie depuis la promulgation de cette loi.

Les profiteurs

Le lobby militaro industriel est sans conteste le grand vainqueur du 11 septembre : le traité ABM, fixant les limites au développement des armements, a été unilatéralement dénoncé par George W Bush. Les crédits de la CIA ont été immédiatement augmentés de 42%. Le budget militaire a connu un accroissement phénoménal : 24 % des dépenses dans les deux premières années de la présidence lorsque l’on prend en compte les crédits alloués en urgence après l’attentat. En 2005, le budget de l’armée américaine représente 1000 milliards de dollars, autant que le total des budgets réunis des armées du reste du monde.

Le 12 septembre, ou les lendemains sombres

L’économiste et ancien candidat à la Maison Blanche Lyndon Larouche a déclaré : « l’idée qu’il s’agit d’une organisation terroriste internationale est une bêtise, il est même dangereux de chercher un ennemi là ou il n’y en a pas et d’ignorer l’ennemi réel. La chose essentielle est d’identifier l’ennemi. L’ennemi, la structure de commande se trouve aux Etats-Unis. Ce n’est pas un pays arabe ou autre qui est en cause. Rien n’aurait été possible sans une organisation secrète, très influente aux Etats-Unis, à sa tête. (…) Les auteurs ont été formés aux Etats-Unis et intégrés à une équipe opérationnelle sophistiquée de plusieurs centaines de personnes, qui se sont entraînées pendant des mois… Tout cela a été possible parce qu’une faction criminelle et renégate au sein de l’armée américaine et des services secrets était impliquée ». Au Pakistan, le général Hamid Gul a évoqué publiquement la thèse d’un complot entre le Mossad et la CIA, complot dans lequel l’US Air Force était impliqué.

Ne nous étonnons pas outre mesure qu’une telle opération soit en réalité une machination en provenance même de l’appareil gouvernemental américain, l’histoire nous a montré un précédent dans l’ourdissage d’un complot contre Cuba en 1962, quand le général Lyman Lemnitzer proposa à Kennedy un plan dénommé « Operation Northwoods » dans lequel il était mentionné la façon dont les américains pourraient provoquer un incident diplomatique entre les deux pays et qui amènerait une juste riposte. « Il est possible de créer un incident qui démontrera de façon convaincante qu’un avion cubain a attaqué et abattu un avion de ligne civil » citait le rapport mis au jour par l’ancien journaliste d’ABC News, James Bamford, dans son livre Body of Secrets (Doubleday, 2001). Il se peut d’ailleurs que le refus de Kennedy d’obtempérer au plan des faucons fut à l’origine de son assassinat.

Thierry Meyssan affirme qu’au sein des chancelleries des grands pays avec qui il a pu être en contact, personne n’a été dupe de la thèse officielle américaine. Chaque pays dispose de services de renseignements qui se sont livrés à des investigations et ont vite mis le doigt sur les incohérences de la version « grand public ». Chacun d’entre eux est convaincu qu'il s'agit d’autre chose qu'un simple attentat terroriste. Mais aucun gouvernement ne se manifeste et aucun ne le fera à l’avenir. Les alliés des Etats-Unis sont effrayés par la déstabilisation mondiale qui en résulterait. Quant aux pays anti-américains, dont certains disposent peut-être de preuves, qui auraient souhaité l'ouverture d'une enquête officielle ou déposer plainte auprès du tribunal international de la Haye, les plus malléables se seraient vus payer leur silence tandis que la frange des endurcis aurait été menacée de représailles économiques, voire de guerre répressive. C’est que les Etats-Unis, face à un risque de discrédit planétaire grave et d'une crise intérieure sans précédent, ne reculeraient absolument devant rien pour bâillonner les fauteurs de troubles. « La situation actuelle est comparable à Munich avant la guerre de 39-40 », avertit Thierry Meyssan.

Conclusion

Que l’intégralité des faits et des anomalies ait été mise en évidence ou non dans ce dossier importe peu. L’accumulation des oblitérations, des connexions troubles, des questions sans réponses et des affirmations fausses finit par accuser et impliquer gravement l’administration Bush et, derrière elle, les puissances occultes manipulatrices. Durant sa vie, chacun d’entre nous a pu croire que le monde était tel qu’on le lui présente, certes avec la déformation inhérente au problème de la communication humaine en général, mais globalement fidèle et suffisamment exacte pour ne jamais avoir à verser dans la suspicion systématique. Manifestement, le Onze septembre nous apporte un contredit d’une telle ampleur qu’il est nécessaire de réviser notre appréhension du monde à travers les canaux informatifs traditionnels et les positions des appareils politiques d’Etat, fussent-ils démocratiques. Il est impossible d’en tirer une conclusion différente. Et c’est là une catastrophe, un renversement de paradigme, une trahison sans précédent. Les peuples ne peuvent plus avoir légitimement confiance dans les institutions démocratiques, héritées des avancées humanistes, puisqu’elles peuvent cacher en leur sein les pires volontés manœuvrières portant sur la race humaine. Et sachant que ce que nous percevons de la gouvernance des nations et du monde n’est qu’un masque, un faux semblant, nous avons le droit, et devons l’appliquer, de ne plus accorder notre confiance ni aux structures dirigeantes ni aux médias globalement inféodés, et de chercher d’autres sources d’informations pour reprendre, en final, notre destinée en main. L’enjeu est de taille et il n’est pas évident que l’humanité puisse échapper au système qui la muselle et la contrôle actuellement, peut-être pour mille ans encor


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